Palestine, filmer pour exister :
les archives de l’OLP
Le cinéma de la révolution palestinienne naît aux lendemains de la défaite de la coalition arabe de 1967, qui a entériné l’échec d’une solution venue des régimes voisins et de leurs armées. Au sein des partis politiques rattachés à l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), on privilégie une solution nationale fondée sur une stratégie de lutte armée. De jeunes réalisateur·rices formé·es au Caire, à Londres, ou en Europe de l’Est mettent leurs compétences au service de la révolution palestinienne en exil.
D’abord rassemblé·es dans des groupes informels en Jordanie puis, après les événements de Septembre noir (1970), installés au Liban, ces groupes rapportent les combats, enregistrent la vie dans les camps de réfugié·es, et documentent les événements politiques et culturels de la lutte palestinienne. Au fil de la décennie 1970, ils s’organisent et multiplient les échanges avec des réseaux de cinéastes solidaires à l’étranger. En 1982, une grande partie des films réalisés durant la décennie précédente se trouve dans l’archive de l’Institut du Cinéma Palestinien (ICP), une institution fondée pour soutenir les cinéastes des organisations rattachées à l’OLP. Suite à l’invasion de Beyrouth par l’armée israélienne, l’OLP fuit la capitale libanaise, mais l’archive reste sur place ; elle disparaît quelques années plus tard, laissant un vide béant dans la mémoire du cinéma palestinien.
Au début des années 2000, Khadijeh Habashneh, réalisatrice et ancienne archiviste de l’ICP, décide de reconstituer une collection de films de la révolution palestinienne. Sa méthode : rechercher, auprès des anciens partenaires du cinéma palestinien, des copies de ces films qui auraient été préservées du temps. Après deux décennies de recherche, elle réunit une collection d’une soixantaine de films, qu’elle confie à la Cinémathèque de Toulouse pour un dépôt temporaire, en vue d’une restitution à un futur État de Palestine. Trente-quatre films sont numérisés, parmi lesquels les trois présentés aujourd’hui.
La projection sera suivie d’une conférence de Hugo Darroman