Focus géographique :
La Corée du Sud

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Films réalisés entre 2011 et 2025
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fictions expérimentales
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fictions animées
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clips concoctés par le collectif Balming Tiger

KSHORTS

Un trio de programmateurs s’est donné pour objectif de décortiquer la société coréenne comme le ferait un entomologiste : sous leur microscope, dix années de courts métrages ; ils ne sont pas à la recherche de parasites ou de créatures marines assoiffées de sang, mais de perles cinématographiques des plus originales. Entre comédies truculentes, drames sociaux, thriller horrifique et animations détonantes, il n’y a pas à choisir : les réalisateur·rices de ce focus empilent, malaxent, enchevêtrent les genres dans une frénésie assez jouissive tel un Bong Joon-ho période The Host.

Point de monstre surgissant de la rivière Han dans ce focus, mais pas moins d’action : trois enfants s’enfoncent dans une forêt profonde à la poursuite d’écureuils dans Invisible Eyes de Jung Seung-hee. L’inquiétude monte, et grâce au coup de crayon virtuose de la réalisatrice, les plus petits protagonistes ourdissent leur vengeance.

Fly est le premier film de Lim Youn-jung, issue de la prestigieuse KAFA (Korean Academy of Film Arts, école invitée en 2017) dont Bong Joon-ho est aussi un ancien élève. Avec son actrice Jeong Ha-dam, bluffante en jeune boxeuse manquant de confiance, elle montre une société où le patriarcat fait toujours beaucoup de dégâts, rendant l’émancipation de ses héroïnes encore plus jouissive.

L’ascenseur social est souvent en panne, le précipice n’est pas loin. Kim Lee-ha dans sa fiction animée Mascot, fait jouer un renard très mignon dans une satire sociale des plus grinçantes. Il se sert de ses personnages trop gwiyeowo (kawaii en coréen) pour conter une société constamment sous pression de l’apparence, craignant l’endettement et faisant de la recherche d’emploi une quête incontournable.

Cut de Son Min-zun n’est pas vraiment un slasher pourtant vous aller sentir votre rythme cardiaque s’accélérer et le sang affluer dans vos muscles. La menace est bien là, hors-cadre. La maestria du réalisateur, maîtrisant tous les codes du cinéma, va vous clouer à votre siège.

Autre surprise de taille, Night Fishing, co-réalisé par Park Chan-kyong et Park Chan-wook (Old Boy, Decision to Leave ou encore Sympathy for Lady Vengeance). Réalisé en 2011, ce retour au court métrage d’un réalisateur accompli est jubilatoire tant les deux metteurs en scène s’amusent avec la technique (le film fut tourné avec un smartphone), le fantastique et le folklore coréen.

Le cinéma sud-coréen peine à s’extirper d’une baisse de fréquentation des salles depuis la pandémie de Covid-19, qui a poussé le public vers les plateformes de streaming avec par exemple le succès de séries comme Squid Game ou The 8 Show. Mais des talents futurs ou déjà confirmés sont dans ce focus, utilisant à plein la liberté procurée par le court métrage.

 

Pour les index, les patronymes coréens se présentent de telle sorte que le nom de famille précède le prénom. Toutes les productions sud-coréennes citées dans ce catalogue respectent cette tradition.

Les programmes hors Panorama en lien avec la Corée du Sud

Contes macabres au pays du matin calme
À l’évocation du cinéma coréen, il est difficile de ne pas penser au cinéma de genre : dès les années 2000, le thriller et l’horreur ont permis de propulser certains des grands cinéastes comme Park Chan-wook ou Na Hong-jin au sommet des festivals internationaux. Il est ainsi devenu une marque de fabrique auprès du public cinéphile, dont l’enthousiasme pour ce cinéma ne s’est jamais essoufflé. Impossible, dès lors, de ne pas consacrer une Bloody Night clermontoise à ce pan du cinéma coréen, à travers cinq courts métrages qui, à l’instar de leurs glorieux ainés, mélangent humour noir, immoralité, critique sociale et violence extrême. Ici, l’école sert d’abattoir, la famille s’entredévore pour des histoires d’allocations ou se solidarise autour d’un cadavre gênant, et les monstres semblent bien inoffensifs face au harcèlement scolaire instauré comme une norme. Si les matins sont calmes, ces cinq contes macabres prouvent que le cinéma horrifique coréen n’a rien perdu de sa fougue et de sa vivacité !

L’université de Chung-Ang, créée à Séoul en 1916, est une école supérieure des sciences de l’imagerie avancée, du multimédia et du cinéma. En 1960, elle met en place le premier master en production cinématographique (MFA) de Corée du Sud. Comprenant une filière distincte consacrée à la théorie du cinéma, celle-ci a accompagné l’émergence de nombreux·ses cinéastes.
Ces deux programmes rassemblent une sélection de courts métrages réalisés au sein de l’école par plusieurs générations d’étudiant·es. Avec un large éventail de styles, ils explorent autant des récits intimes que des questionnements plus larges, témoignant du regard des cinéastes sud-coréen·nes sur une société en constante évolution. La sélection offre un aperçu de la richesse et de la variété des films produits par l’école.

DB1 programme 100% indie K-Pop
Balming Tiger
est un collectif de K-pop alternative formé en 2018 à Séoul. Le groupe est composé de rappeur·ses, de producteur·rices, de réalisateur·rices de clips, d’artistes visuel·les, bref beaucoup de talents réunis. Impossible pour nous de ne pas consacrer un programme complet à ces troublions à l’énergie communicative.

Le Korean Film Archive (KOFA) nous ouvre sa boîte aux trésors pour en ressortir six perles du court métrage coréen. L’occasion sera toute trouvée de voir ou revoir Woojung Sanchaek (Promenade sous la pluie) de Yim Soon-rye (compétition internationale 1995) ou Dead End (Rue sans issue) de Kim Sung-su (compétition internationale 1994), et de se laisser porter par la poésie tantôt charbonneuse de Ashes in the Thicket de Lee Sung-gang, tantôt lumineuse de A Day of Poet Gubo de Ha Yoo. Enfin, ce programme Collections exceptionnel nous offrira l’occasion de (re)découvrir les premiers films de Bong Joon-ho (Parasite, Memories of Murder) ou de Yeon Sang-ho (Dernier train pour Busan, Colony), nous rappelant que le court métrage pose souvent les fondations des filmographies les plus passionnantes.

Ce programme de trois courts métrages de la réalisatrice sud-coréenne Baek Mi-young nous invite à plonger dans son univers poétique et onirique.
Les objets du quotidien emportent-ils une part de nous-mêmes ?
Peut-on remonter le temps pour écrire une autre histoire ?
Et où peut bien se cacher la Lune perdue ?
Tels sont les enjeux de ces films qui nous enveloppent dans la douceur et la sensibilité d’un merveilleux voyage imaginaire.

Activités et événements

Centre de documentation de La Jetée
Vendredi 16/10 - 20h00 > 23h00
Focus Corée du Sud : projection de « The Strangers »
Focus géographique

Le centre de documentation de La Jetée vous propose un cycle sur le cinéma de la Corée du Sud, en avant-goût du focus consacré à ce pays lors de l’édition 2027 du festival du court métrage de Clermont-Ferrand.

La Jetée - Salle de projection
Clermont-Ferrand
Entrée libre et gratuite
Séance conseillée aux ados et adultes
Centre de documentation de La Jetée
Samedi 17/10 - 14h00 > 15h00
Focus Corée du Sud : Conférence de Kang Chang-il
Focus géographique

Le centre de documentation de La Jetée vous propose un cycle sur le cinéma de la Corée du Sud, en avant-goût du focus consacré à ce pays lors de l’édition 2027 du festival du court métrage de Clermont-Ferrand.

La Jetée - Salle de projection
Clermont-Ferrand
Entrée libre et gratuite
Centre de documentation de La Jetée
Samedi 17/10 - 15h00 > 17h00
Focus Corée du Sud : projection de « JSA (Joint Security Area) »
Focus géographique

Le centre de documentation de La Jetée vous propose un cycle sur le cinéma de la Corée du Sud, en avant-goût du focus consacré à ce pays lors de l’édition 2027 du festival du court métrage de Clermont-Ferrand.

La Jetée - Salle de projection
Clermont-Ferrand
Entrée libre et gratuite
Centre de documentation de La Jetée
Mercredi 21/10 - 14h30 > 15h45
Focus Corée du Sud : Ciné Kids Spécial Court Métrage
Focus géographique

Le centre de documentation de La Jetée vous propose un cycle sur le cinéma de la Corée du Sud, en avant-goût du focus consacré à ce pays lors de l’édition 2027 du festival du court métrage de Clermont-Ferrand.

La Jetée - Salle de projection
Clermont-Ferrand
Entrée libre et gratuite
À partir de 6 ans
Cinéfac
Jeudi 22/10 - 20h00 > 22h00
Focus Corée du Sud : projection de « Dernier train pour Busan » (séance Halloween)
Focus géographique

Le centre de documentation de La Jetée vous propose un cycle sur le cinéma de la Corée du Sud, en avant-goût du focus consacré à ce pays lors de l’édition 2027 du festival du court métrage de Clermont-Ferrand.

La Jetée - Salle de projection
Clermont-Ferrand
Entrée libre et gratuite
À partir de 12 ans
Centre de documentation de La Jetée
Jeudi 05/11 - 18h00 > 20h15
Focus Corée du Sud : projection d' »Oasis »
Focus géographique

Le centre de documentation de La Jetée vous propose un cycle sur le cinéma de la Corée du Sud, en avant-goût du focus consacré à ce pays lors de l’édition 2027 du festival du court métrage de Clermont-Ferrand.

La Jetée - Salle de projection
Clermont-Ferrand
Entrée libre et gratuite
Séance conseillée aux ados et adultes
Centre de documentation de La Jetée
Mardi 10/11 - 18h00 > 20h15
Focus Corée du Sud : projection de « Memories of Murder »
Focus géographique

Le centre de documentation de La Jetée vous propose un cycle sur le cinéma de la Corée du Sud, en avant-goût du focus consacré à ce pays lors de l’édition 2027 du festival du court métrage de Clermont-Ferrand.

La Jetée - Salle de projection
Entrée libre et gratuite

Et en bonus…

Une conférence

Crédit photo : © Miguel Bueno

Bastian Meiresonne – Une (courte) histoire du cinéma coréen
La conférence Une (courte) histoire du cinéma coréen relève l’impossible défi de retracer, dans la joie et la bonne humeur, plus d’un siècle de cinéma coréen, depuis ses origines jusqu’à son formidable rayonnement international des deux dernières décennies. Elle aborde également le phénomène « hallyu », cette vague de produits culturels coréens qui a déferlé sur le monde depuis la fin des années 1990 et qui a largement contribué au succès du cinéma coréen en France.

Bastian Meiresonne partage sa passion du cinéma asiatique depuis une vingtaine d’années. Il est directeur artistique et programmateur de films asiatiques dans une dizaine de festivals en France et en Suisse. En plus de ses contributions régulières à la presse écrite, il a également co-écrit une dizaine d’ouvrages, parmi lesquelles Hallywood – Le cinéma coréen (édition Hachette E/P/A), élu meilleur album de cinéma 2023 par le syndicat français de la critique du cinéma et depuis traduit en anglais, vietnamien et en russe.

Cette conférence aura lieu mardi 2 février à l’IADT en matinée (plus d’infos à venir) et sera suivie l’après-midi d’une séance de dédicaces à 15h au patio de la librairie Les Volcans.

Un jury labo majoritairement coréen

Crédit photo : © Daniel Zox

Jane Jin Kaisen (née en 1980 sur l’île de Jeju, en Corée du Sud) est une artiste plasticienne et cinéaste connue pour ses œuvres visuellement saisissantes, complexes, performatives et poétiques, à travers lesquelles elle établit un lien entre le passé et le présent. Abordant des thèmes tels que la mémoire, la migration, les frontières et la traduction, elle explore le champ où l’expérience vécue et le savoir incarné croisent les grandes histoires politiques. Un autre thème récurrent s’articule autour de la nature et des espaces insulaires, des cosmologies, des réinterprétations des mythes, ainsi que des pratiques rituelles et spirituelles.  Elle vit et travaille à Copenhague au Danemark.

L’Hôtel Fontfreyde – Centre photographique de Clermont-Ferrand accueillera une exposition regroupant son travail plastique et cinématographique.

Mowg, de son vrai nom Lee Sung-hyun, est un musicien de jazz et compositeur sud-coréen. En 1993, il part aux États-Unis pour travailler en tant que producteur et arrangeur. De retour en Corée, il collabore avec de nombreux·ses réalisateur·rices, dont Kim Jee-woon pour qui il compose les musiques de J’ai rencontré le diable (I Saw the Devil) en 2010, ou encore de Le Dernier Rempart (The Last Stand) en 2013.

Un volet artistique

© Brian Cougar

Cette affiche symbolisant le focus est signée Brian Cougar, artiste sérigraphe installé à Clermont-Ferrand.

© Meeno YOON, Femme-île, 2024, 78 × 125 cm, collage et pigments sur papier hanji

À travers la perte d’un être cher, semblable à un membre de sa famille, l’artiste Meeno Yoon développe un regard nouveau sur ce qui demeure invisible. Loin d’un monde régi par les notions de bien et de mal, de profit et de perte, elle s’interroge et ressent ce que signifie « être vivant », ainsi que la relation qui lie les vivant·es aux disparu·es. L’artiste exprime ses réflexions à travers les sensations de son propre corps, mais aussi par l’intermédiaire du hanji, papier traditionnel coréen qui, à l’image d’une peau, absorbe la matière tout en se desséchant.

Elle exposera à la galerie d’art Le Cadre Noir à Clermont-Ferrand au 40 rue du Port.

Comité de sélection

Calmin Borel, Lucas Brunier-Mestas, Grégoire Rouchit.

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